Immobilier de bureaux : « la crise a transformé les usages »

Immobilier de bureaux : « la crise a transformé les usages »

Publié le mer­cre­di 16 mars 2022 à 18h28min par Béatrice Girard

Espazo, la socié­té diri­gée par Rodolphe Giraud, amé­nage 25.000 m2 de bureaux par an dans l’agglomération tou­lou­saine. Mais l’arrivée du flex office a rebat­tu les cartes. Moins de sur­face et plus de ser­vices : voi­là les nou­velles attentes des chefs d’entreprises. Interview.

Rodolphe Giraud, Espazo se défi­nit comme un spé­cia­liste de l’aménagement des locaux d’activité, quel est votre cœur de métier ?

Nous sommes une entre­prise dédiée à la concep­tion et à l’aménagement d’espaces pro­fes­sion­nels. De l’agence immo­bi­lière, en pas­sant par le pla­teau de bureaux et jusqu’à la PME indus­trielle… Nous conce­vons l’aménagement inté­rieur et de second œuvre (cloi­sons, sols, pla­fonds, éclai­rages, déco­ra­tion, jusqu’au mobi­lier). Nous sommes capables d’intervenir sur toutes les sur­faces. Nous avons par exemple amé­na­gé les 4000 m2 de la socié­té SII et sommes inter­ve­nus dans le bâti­ment B612 à Montaudran… Mais notre client type est le patron de PME de trente postes qui dis­pose d’une sur­face de 200 à 300 m2. Nous réa­li­sons 250 chan­tiers par an, soit l‘équivalent de 25.000 m2 de bureaux dans l’agglomération tou­lou­saine. Nos résul­tats sont stables avec un chiffre d’affaires de 6,3 mil­lions d’euros en 2021 et nous employons quinze sala­riés.

Quel a été l’impact de la crise sani­taire sur votre acti­vi­té ?

Depuis la crise sani­taire, le flex office a explo­sé et cela a entraî­né un chan­ge­ment durable de la demande. À Toulouse comme ailleurs, les grandes entre­prises le péren­nisent avec des accords de télé­tra­vail sur deux ou trois jours par semaine. Dans les PME, c’est plus infor­mel, mais c’est quand même une réa­li­té. Ce n’est pas la mort du bureau, mais les consé­quences sur l’immobilier ter­tiaire sont réelles. Les diri­geants ration­na­lisent l’espace et les volumes ont dimi­nué de 30 % en moyenne, mais cette baisse a été com­pen­sée par des bureaux plus qua­li­ta­tifs.

Comment y répondez-vous ?

Le bureau devient un espace d’échanges on y vient pour se ren­con­trer. Du coup, on nous demande de conce­voir des bureaux plus cosy et cha­leu­reux, de grandes salles de réunions, et des espaces dédiés à de mini-réunions… Et, sur­tout, il faut une large place pour la salle détente et de repas qui devient « la place du vil­lage ». On voit émer­ger des bâti­ments qui pro­posent des ser­vices, un peu comme les lob­bies des hôtels.

Comment voyez-vous évo­luer la demande en immo­bi­lier ter­tiaire à Toulouse, alors que les der­niers indi­ca­teurs n’étaient pas bons ?

C’est vrai que les inves­tis­seurs ont lar­ge­ment délais­sé Toulouse en 2021, mais je ne suis pas inquiet. L’économie tou­lou­saine va repar­tir et d’ailleurs, chez nous, la demande est bien là. En revanche, je trouve qu’il manque un peu d’ambition sur le ter­rain pour trou­ver du fon­cier sus­cep­tible d’accueillir de nou­velles entre­prises. Or, on sait que la pénu­rie de bureaux neufs péna­lise vrai­ment Toulouse. Autre aspect que l’on voit émer­ger, la pré­oc­cu­pa­tion de plus en plus impor­tante des chefs d’entreprise et des sala­riés en matière de RSE et de coût éco­lo­gique des bâti­ments. Nous-mêmes, pour y répondre, tra­vaillons à faire émer­ger une offre de cloisons reconditionnées. Demain, nous serons en mesure de démon­ter, trier, répa­rer recon­di­tion­ner, et revendre des cloi­sons pour pro­po­ser une gamme de seconde main, moins chère et moins pol­luante.

Propos recueillis par Béatrice Girard

TOULÉCO

Sur la pho­to : Rodolphe Giraud, diri­geant de la socié­té Espazo, constate un inté­rêt crois­sant des entre­prises pour le coût éco­lo­gique des bâti­ments. Crédit : Hélène Ressayres-ToulÉco.

Lien vers l’article : https://www.touleco.fr/Immobilier-de-bureaux-la-crise-a-transforme-les-usages,33625


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